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mardi, 07 mars 2017 00:00

[Dossier] Les jeux Labyrinthe

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Je voulais profiter de la sortie de la dernière version du jeu Labyrinthe, édité par Ravensburger, qui est Labyrinthe Twist pour revenir sur la « licence » en elle-même. Si Labyrinthe peut sembler être un jeu simple et simpliste, il a su au fil du temps évoluer et proposer plusieurs itérations parfois très originales. Si j’ai autant d’affection pour le jeu c’est par ce qu’il s’agit du premier jeu de société que l’on m’a offert, alors qu’à l’époque mon écran cathodique ne cessait de m’hypnotiser avec sa publicité. Je vous embarque si vous le voulez bien dans un dossier rempli de nostalgie et d’histoire.

 

Au début il n’y avait qu’un labyrinthe

Je ne reviendrais pas sur l’origine des labyrinthes comme j’avais pu le faire dans cet article sur Maze Racers. Non, je vous parlerais ici simplement du jeu que l’on connait tous au presque, et au diable le Minotaure et son dédale infernal. La première version, l’originale on la doit à Max Jünger Kobbert, qui est aussi l’auteur de Bunte Kuh ou encore Chutes à gogo ou Rimini. Des jeux qui n’ont pas du tout eu le même succès que Labyrinthe, inventé donc en 1986.

Le but du jeu est simple, il vous faudra retrouver tous vos trésors et revenir à votre point de départ pour remporter la partie. Avant de débuter la partie, il faudra mettre en place le plateau en disposant sur celui-ci les tuiles, sauf une qui servira à pousser les autres le long des coursives formées par les tuiles scellées  du plateau. La totalité des cartes Trésor sont alors réparties entre les joueurs de façon équitables et face cachée. Chaque joueur consulte alors la première carte de son paquet, c’est le trésor qu’il devra retrouver en premier. À son tour de jeu, le joueur devra pousser à l’aide de la tuile supplémentaire, une rangée du labyrinthe pour ensuite pouvoir se déplacer librement dans celui-ci, dans la limite des zones qui lui sont accessibles et formées par les murs. Lorsqu’un joueur atteint son trésor, il défausse cette carte à côté de son paquet et prend la suivante.

Les règles sont simples, il ne faut que quelques minutes pour les apprendre. Pourtant, cette mécanique simple va dès lors former le squelette solide de cette licence. Le tronçon autour duquel tous les autres jeux vont alors venir se greffer. Il serait assez aisé de se dire qu’avec de telles règles et un matériel aussi « rigides » les nouvelles idées ne fuseront pas, tout comme tous les jeux qui en découleront ne pourront être que de pâles copies sans forme. Et bien penser cela, c’est bien mal connaitre Labyrinthe et ses très nombreux dérivés. Bien entendu je ne vous parlerais pas de tous les jeux, mais simplement des plus marquants, en suivant au mieux l’ordre chronologique.

Devenir le maitre

Il ne faudra pas attendre très longtemps avant de voir apparaitre un dérivé du jeu original, car dès 1991 sort Labyrinthe Master sous titré Les Dédales et Secrets du Labyrinthe Infernal. Rien de bien rassurant. Dans celui-ci la grande nouveauté va venir du fait que vous allez devoir partager les trésors entre tous les joueurs, car chacun rapporte des points. De plus, les joueurs vont disposer d’une carte chacun sur laquelle figurent 3 ingrédients, qu’ils devront récupérer pour obtenir des points bonus. Les joueurs auront également en leur possession des baguettes magiques, qu’ils pourront défausser pour réaliser une action supplémentaire.

Les trésors devront être récupérés dans l’ordre ce qui va conférer au jeu un sentiment de course assez intense. Surtout que certains ingrédients figurent sur votre liste de course magique, et que plus vous avancez dans la partie et plus les trésors valent de points. Labyrinthe Master renouvèle très bien  le jeu, servi par une règle très bien rédigée, ce qui était assez rare à l’époque. Une jolie variante plus corsée, mais aussi plus intéressante. Pourtant, ce jeu n’est que le premier d’une longue série.

La différence est minime, mais il ne faut pas confondre Labyrinthe Master avec Master Labyrinth, qui lui arbore un terrifiant dragon, qui fait partie intégrante du jeu puisqu’il surplombe le plateau de jeu. Dès qu’un trésor est récolté, un dé est lancé afin de savoir si le dragon ou l’un de ses sous-fifres va s’en prendre à l’un d’entre vous. Chaque carte trésor possède une capacité, mais il faudra choisir à chaque fois entre garder la carte et son pouvoir ou bien gagner 5 points. Ce qui ajoute un peu de tactique à l’ensemble, et n’est pas du tout désagréable. Surtout que vos peines ne se terminent pas là puisqu’à la fin vous devrez affronter le dragon pour tenter de le battre aux dés (magnanime ce drahidé).

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À 2 c’est bien aussi

Ici deux magiciens s’affrontent dans un jeu de taquin et d’observation qui n’a plus grand-chose à voir avec le Labyrinthe de base. Les joueurs vont devoir à chaque tour retrouver le chemin vers le trésor à l’aide de son plateau personnel, et cela à travers 15 parcours. Un jeu qui prend pied dans l’univers de Labyrinthe avec son aspect graphique, mais qui s’inspire d’un autre jeu : Défi ! d’Alex Randolph.

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Les plus jeunes ne sont pas oubliés

Comme beaucoup de jeux à succès, surtout à l’époque, Labyrinthe n’a pas attendu longtemps pour proposer une version minimisée pour les plus jeunes, qui leur permet ainsi de découvrir la licence et donc de s’initier dès le plus jeune âge. Ici les joueurs jouent des fantômes, et même si ce sont des entités qui peuvent traverser les murs au demeurant, ici ça ne sera pas le cas, car les règles restent les mêmes que dans le jeu de base. La seule différence étant que les cartes trésor ne sont pas partagées entre tous face caché, mais commune et visibles de tous. Le jeu prend fin lorsque la pioche est vide, on compte alors ses trésors remportés au fil de la partie. Celui qui en possède le plus remporte la partie. La vraie différence provient du plateau qui possède bien entendu moins de tuiles et des graphismes qui ont été très infantilisés.

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Nous ne sommes clairement pas devant le meilleur jeu de la licence, le jeu de base était déjà assez simple, et si vous désirez y jouer en famille il sera possible de faire une pile commune comme proposée dans la version Junior. J’ai d’ailleurs joué ainsi pendant des années, et dès l’âge de 5 ans, sans souci. Cette version junior est d’ailleurs ressortie sous la licence du dessin animé de Disney : la reine des neiges.

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Attention à ne pas confondre Labyrinthe Junior et mon Premier Labyrinthe qui lui est sorti en 2008, et est en 3D. Entendez par là que les murs sont en volume, et surtout que les déplacements de tuiles sont désormais absents et remplacés par un coulissement central bien plus réducteur. Un joli matériel mais un jeu très très léger, même trop pour le coup. D'ailleurs, celui-ci était déjà sorti une première fois sous le nom parfaitement justifié de 3D Labyrinthe. Une version Masha and the bear existe également pour la version 3D, où les murs dorés ou jaunes sont devenus des haies.

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Chut !

En 1998, c’est une version « Secret » qui voit le jour. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette version propose quelque chose de parfaitement original, qui modifie en profondeur les règles de base. Premier changement, le plateau en lui-même. Finie la forme carrée du labyrinthe, puisque celui-ci devient arrondi, composé alors de 3 anneaux que vous pourrez faire tourner. Mais ce n’est pas tout, car ici les joueurs vont partir à la recherche de mêmes trésors, et vont du coup devoir se battre en duel, et cela, en appliquant le principe de Chifoumi (pierre-feuille-ciseau).  Le premier à remporter 7 trésors ou gnomes remportent la partie. D’ailleurs en parlant de Gnomes, il est amusant de voir ces créatures sur la boite, et de voir à quel point ils me font penser à ceux de Dark Crystal, film sorti en 1983. Une tentative d’apposition de licence avortée ? On ne le saura jamais.

A son tour de jeu, le joueur devra modifier le parcours à deux reprises, en faisant tourner les couloirs à l’aide des encoches, puis ensuite vagabonder à sa guise dans le labyrinthe, à la recherche du trésor représenté par la carte commune. Si la pile de cartes vient à s’épuiser, les joueurs pourront s’affronter en duel, ça ne rigole plus ! Un jet de dé (une première dans la licence) pourra augmenter la mise, soit de gnomes soit de trésors, puis les joueurs utiliseront des pions pierre, feuille ou ciseau, en cachant l’un d’entre eux dans leurs mains avant de les dévoiler en même temps. Je ne vous fais pas l’affront de vous faire un rappel des rapports de force. Il est à noter que si vous perdez les pions, cela marche aussi bien avec ses doigts. Le gagnant remportant les cartes convoitées.

Voici une version très originale, aussi bien par son matériel que par ses règles qui introduisent une certaine notion de duel dans la licence, mais aussi une part de hasard importante par le jet e dé ou le choix des joueurs.

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Chasse au trésor et Flash : même bataille

En 2001 sortira la version La chasse au trésor, une version plus petite du jeu, qui est en quelque sorte le format voyage du jeu, enfin si la boite avait été plus petite, car celle-ci fait tout de même la moitié des boites classiques. Mais pas que, car le jeu est avant tout un jeu d’observation. Fini les pions qui se déplacent, tout comme les murs. Ici il faudra que les joueurs parviennent à trouver le nombre de trésors accessibles sur la carte commune mise au centre de la table. Simplement en suivant des yeux les chemins. Le premier à trouver la réponse, vérifie s’il a juste. Si c’est le cas, il remporte la clé sinon il replace la carte du bon côté, et les autres joueurs poursuivent leur inspection des lieux. Mais là où le jeu est ingénieux, c’est sur le système de clé, qui seront remportées par les joueurs au fil des bonnes réponses, et qui les obligeront à chercher encore plus de chemins et donc de trésor. Cet ajout a le mérite de bien équilibrer la difficulté et de ne pas larguer les moins rapides. Une excellente idée. Le jeu jouit d’un matériel agréable à manipuler, ce qui ne peut être qu’un plus.

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Voici une excellente variante rapide du jeu labyrinthe qui ne trahit pas l’esprit de la série, même s’il s’en éloigne malgré tout beaucoup. Il est à noter que cette version est ressortie en 2014 sous l’appellation Flash, mais que celle-ci ne présente aucune différence avec la version de 2001, si ce n’est une boite deux fois moins grosse à l’époque et redesignée. Il faut dire que cette première version avait été très mal distribuée en France à l’époque, cette version Flash est donc une très bonne chose.

Il ne faut d’ailleurs pas confondre ces deux versions avec la version Jeu de cartes, sortie dans la gamme Mini jeux, qui lui s’approche bien plus d’un jeu de poche, mais où le hasard est très présent, de même que la facilité qui rendront le tout assez insipide.

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Vers les licences

Fort de son succès, Labyrinthe va alors lorgner du côté des licences pour adapter son jeu à ces dernières et ainsi générer plus de ventes. C’est ainsi que nous allons commencer dès 2003, avec la version Seigneur des Anneaux, qui cartonne au cinéma et se voir adapter dans plusieurs jeux de société. Suivi d’une arrivée sur le marché de plusieurs autres jeux Labyrinthe accompagnés de licences. Le jeu n’est pas qu’un simple placage, car de nouvelles règles voient le jour, fortement inspirées de la version Master, donc rien de très nouveau sous le soleil. Puis ce sera au tour de Disney en 2005. Ici où les trésors seront remplacés par les héros du studio souricier à retrouver. Une version très classique.

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En 2010, c’est Avatar qui se verra adapté via Labyrinthe. Le film fait un tabac au cinéma grâce à sa 3D impressionnante, du coup nous nous n’étonnerons pas de retrouver dans la boite des lunettes 3D en bleu et rouge (comme à la bonne époque), qui nous permettent de voir les illustrations en relief. Sinon rien de plus à se mettre sous la dent au niveau des règles.

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Deux ans plus tard, c’est au tour de Star Wars, qui ne change en rien de l’original, et qui est ressorti  plus tard avec des visuels tirés du septième volet de la saga. Je n’ai joué à aucun des deux, mais je ne vois pas pourquoi le premier est estampillé 3D. La même année est sortie la version Spiderman, tirée ici du nouveau film du super-héros : The amazing Spider-man. La seule différence étant que deux joueurs peuvent incarner des super-vilains ou lieu du héros.

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L’ère de l’électronique

En 2011, en pleine période électronique, Ravensburger sort plusieurs jeux utilisant ce système, c’est ainsi que nous avons vu apparaitre Qui l’a vu ? ou Attrap’ Fantômes ou encore Ou va-t-il ? des jeux où le joueur est guidé par le jeu via une voix digitalisée qui réagit aux actions des joueurs. Ici il n’est plus question de récupérer des trésors, mais de servir de transporteur entre eux, afin de remporter des gemmes. Un jeu aux graphismes revus, qui rendent hommage à la série.

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En parlant d’électronique, il faut souligner qu’une application réussie a vu le jour sur smartphone et tablette, celle-ci vous permet de jouer contre l’ordinateur ou bien de vrais joueurs et propose même des défis. Une version bien sympathique pour jouer en solo dans les transports. Une version sur Nintendo DS avait également vu le jour à l’époque, moins bien fichue que la version application.

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Twist

Si vous avez déjà joué à Panic Cafard, cette version de Labyrinthe ne vous sera pas totalement étrangère. Ici vous n’aurez plus à déplacer des colonnes de tuiles, tout est fixe ou presque, seules les haies pourront pivoter sur elles-mêmes. Le but sera de retrouver le plus vite possible ses 6 trésors et à revenir à son point de départ. On revient aux bases dans cette version. À son tour de jeu, le joueur devra tourner une haie, les pions se trouvant dans l’axe de celle-ci étant emporté dans le mouvement. Mais on peut renoncer à tourner une haie. Ensuite le joueur déplace à sa guise son pion dans les coursives atteignables. Si l’objectif est atteint, le joueur retourne une nouvelle carte, sinon il s’arrête et pioche une carte Magie. Ces cartes possèdent deux pouvoirs différents séparés, la première permet de passer une fois à travers une haie, et l’autre de se téléporter d’une case Fée des Bois à une autre, mais pour cela il faut posséder 2 exemplaires de cette carte. Ces ajouts simples permettent de dynamiser les parties, et de réduire la chance de certains joueurs. Une version pas désagréable, et bien trouvée, mais qui ne supplante pas l’original malgré tout.

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Joyeux anniversaire

En 2006 la licence fêtait son 20ème anniversaire, et pour faire cela comme il se doit une édition anniversaire a vu le jour à cette occasion. La boite est irisée d’effets argentés et dorés, tout comme les chemins des tuiles du jeu, qui se parent d’un effet argenté. C’est spécial, mais pourquoi pas. Il ne faut d’ailleurs pas confondre cette version avec celle du 25ièmeanniversaire où c’est toute la boite qui est métallique ! Et qui comprend une variante du jeu.

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Enfin en 2016 pour fêter ses 30 ans, une nouvelle version a vu le jour, qui cette fois-ci propose de jouer avec un jeu qui se voit dans le noir. Ce qui n’est nullement un gadget, car cet ajout a été intégré dans les règles, afin de renouveler totalement le jeu. Une fois le plateau et les pièces du jeu chargé de lumière, la partie peut commencer. La partie se découpe en 2 phases : celle de jour, où le jeu reste identique, déplacement de tuiles et découverte de trésors, et celle de nuit, où il faudra jouer dans le noir. Les joueurs devront alors retrouver leurs trésors (tous visibles devant eux), toujours en poussant les tuiles, mais cette fois-ci en s’aidant des repères phosphorescents. La partie prend fin dès qu’un joueur a récupéré tous ses trésors nocturnes. Puis l’on compte les points. Les trésors diurnes valent 1 point et les nocturnes 2. Le joueur avec le plus de points l’emporte. Idéal pour jouer à Halloween. Il s’agit à mes yeux d’une très bonne version du jeu qui plait beaucoup aux enfants, et même aux plus grands.

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Le mot de la fin

Nous voici arrivés à la fin de ce dossier. Labyrinthe est un jeu au succès florissant qui a su au fil des ans proposer diverses variantes, et si quelques-unes n’étaient pas de franche réussite, d’autres ont su explorer avec succès de nouvelles voies très intéressantes, qui ont su renouveler le plaisir de jeu. Encore de nos jours, Labyrinthe reste un jeu original et agréable à jouer, et désormais avec toutes les versions qui existent vous n’aurez plus d’excuses pour vous y essayer. Le plus compliqué dans tout ça sera de trouver celui qui vous séduira !

Je tenais à remercier tout particulièrement François Haffner, qui encore une fois m’a été d’un grand secours pour la rédaction de ce dossier avec son site cultissime : Jeuxsoc

Lu 765 fois Dernière modification le mardi, 07 mars 2017 10:28
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