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mardi, 09 décembre 2014 00:00

[Test] Deal Gentlemen Collectionneurs

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C’est connu, les milliardaires sont des excentriques, et étant donné que vous en êtes un (oui sans le savoir), vous avez quelques lubies. Comme par exemple collectionner d’antiques reliques qui une fois collectées par groupes de trois vous offriront jeunesse, exonération d’impôt et vigueur, ou quelque chose de ce style. Mais voilà, comme tout original qui se respecte (surtout les originaux avec des sous), les enchères vous ennuient et il est de bon ton en société de s’entendre avec ses petits camarades sur la répartition des lots. Tout en essayant au passage de les flouer, c’est de bonne guerre. Prêts pour vous mettre dans la peau d’un négociateur féroce ?

Deal Gentlemen Collectionneurs:


Deal Gentlemen Collectionneurs
Un jeu de Etienne DaniaultFlorian Sirieix
Illustré par Jérôme Vaspard
Publié par Éditions la Donzelle
2 à 3 joueurs
A partir de 7 ans
Langue des règles: Française, Espagnole, Allemande, Anglaise, Italienne
Durée: 10 minutes
Prix: France 18,00 €


Préambule

 

 

Si je ne dis pas de bêtise (car je ne suis pas à l’abri) il s’agit du premier jeu édité d’Étienne Daniault. Cependant nous pouvons trouver d’autres de ses jeux sous forme de prototype sur TricTrac. Quant à Florian Sirieix, c’est la même chose.

La donzelle éditions sont les éditeurs de Sporz, paru en 2011, un jeu qui jouait dans un autre registre que Deal.

 

 

 

Règles

 

 

Votre but va être d’avoir le maximum de points en fin de partie. Pour cela vous allez devoir récupérer 5 types d’artefacts (statuette, clé, parchemin, pierre précieuse et sceptre) par groupes de 3. Mais attention, car tous n’auront pas la même valeur, tout dépendra de l’importance numérique que vous aurez attribuée à chacun en début de partie, derrière votre paravent. Ces valeurs vont de 1 à 5, représentées par des cartes que vous allez poser devant chaque type de relique.

A 2 on va alors retourner 2 cartes face visible + 1 carte face cachée, tandis qu’à 3 joueurs le deal se fera toujours entre 2 joueurs, le négociateur changeant à chaque tour dans le sens des aiguilles d’une montre.

Les joueurs vont alors devoir se mettre d’accord sur le partage des artefacts, il n’y a aucun moyen de les départager. S’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord, la carte face cachée part au musée et les 2 restantes sont ajoutées au lot suivant, portant le nombre de cartes pour cette manche à 5 cartes. À 3 joueurs, le joueur qui a distribué peut, si les négociations traînent, compter jusqu’à 10 pour laisser le temps aux négociateurs de trouver un terrain d’entente, puis récupérer l’une des cartes présentes sur la table. On ajoute ensuite 3 nouvelles cartes portant le total à 5 cartes. Si le désaccord se poursuit, les 5 cartes sont défaussées.

Le jeu se termine lorsque toute la pile a été jouée. On compte alors ses points, seuls les trios de cartes d’un même artefact comptent, rapportant le nombre de points choisi en début de partie. Le musée quant à lui gagne 2 points par carte à 2 joueurs et 1 point à 3. Pour remporter la partie, il faut avoir plus de points que le ou les autres joueurs ainsi que le musée.

Deal propose un nombre impressionnant de variantes, que je vous conseille vivement d’intégrer lors de vos parties. Ces variantes sont représentées sous la forme de cartes, elles sont au nombre de 10, et sont parfaitement cumulables, donnant ainsi la possibilité de créer des parties à sa guise.

De plus le jeu intègre d’autres cartes pour pouvoir jouer en voyage sans s’encombrer des paravents.

 

 

 

 

Matériel

 

 

Au niveau de la qualité d’impression et du matériel, tout est tout à fait correct, que ce soit les cartes, les paravents ou la boîte, sans oublier la règle. Là où le jeu pêche par contre c’est sur les graphismes de la boîte, des paravents et de la couverture de la règle. Je n’ai rien contre les illustrations faites à la main, mais ici elles ne donnent pas envie d’ouvrir la boîte, et après avoir présenté le jeu autour de moi, les autres personnes ont eu le même avis, c’est pas très joli. Ça m’ennuie toujours de dire ce genre de choses, mais c’est la vérité, et si je me permets de le dire c’est pour que les lecteurs ne s’arrêtent pas à cet aspect et aillent plus loin, qu’ils passent cette frontière. Par contre, les illustrations des cartes artefacts sont tout à fait correctes. Je ne comprends donc pas ce choix pour le reste du jeu.

Outre ce souci esthétique, le jeu jouit d’une bonne édition, disposant de règles simples à lire.

 

 

 

 

Ressenti durant la partie

 

 

Cachés derrière nos paravents, on pose calmement ses cartes tout en se demandant ce qu’a choisi l’autre, et surtout en priant pour que ce ne soit par les mêmes cartes qui aient hérité des plus grandes valeurs. Car sinon ça va être la guerre, et les négociations vont être rudes.

Les premières cartes sont retournées, les regards se croisent, on jauge son adversaire, on tente de deviner ses envies, et ça sera au premier qui parle. Car dans Deal prendre la parole est synonyme de dévoilement, c’est indiquer à son adversaire ses attentes et ses envies, mais aussi ménager ses arrières et tenter de faire bonne figure. Le premier accord est trouvé, le lot est partagé avec la promesse que le suivant sera partagé avantageusement.

Puis les tours défilent. Les artefacts s’accumulent, le musée récupère quelques miettes, car entre gentlemen il y a toujours moyen de s’arranger, et les trios se créent petit à petit. Le tas s’épuise et les deals se font plus tendus, les cartes viennent à manquer et chaque artefact vaut de l’or. La fin de la partie arrive trop vite et déjà les verdicts numériques tombent. Mais qu’importe le résultat, seul compte le plaisir d’avoir joué et d’avoir négocié amicalement tout en s’amusant.

C’est surprenant la première fois, mais on y revient rapidement afin de prendre sa revanche ou simplement pour se faire plaisir. Deal c’est de l’échange, du bluff, des promesses et de belles paroles, bref un jeu très humain où les échanges sont au centre de tout.

 

 

 

 

Durée de vie

 

 

Deal est à mes yeux un jeu possédant une excellente durée de vie, et cela pour plusieurs raisons. La première est qu’il s’agit d’un jeu simple, qui se renouvelle bien grâce au hasard de la pioche, mais également grâce aux choix de la valeur des objets par les joueurs. S’ajoute à ceci les cartes de variantes qui approfondissent le jeu et lui donne une durée de vie énorme. Chaque carte apportant son idée et sa manière de jouer.

Si vous recherchez un jeu avec une excellente durée de vie, Deal est votre client. Il n’y a aucun souci à se faire, surtout que le jeu est accessible et fun. Le seul frein pourrait être le nombre limité de joueurs, qui avec une seconde boîte et une révision des règles pourrait, je pense, être doublé. D’ailleurs l’un des auteurs à publié une variante pour 4 joueurs sur TT, une très bonne initiative. En tout cas, il n’y a aucun souci à se faire à propos de la durée de vie.

 

 

 

 

Avis

 

 

Deal m’a conquis, même enchanté, c’est un petit jeu simple, clair et terriblement fun. On y passe un excellent moment, n’hésitant pas à enchaîner les parties, tant il est fluide et agréable. Ce fut une excellente surprise. Un jeu que je recommanderai chaudement à tous ceux qui cherchent un petit jeu amusant et fun, sans prise de tête tout en étant original et bien pensé. Ne restez donc pas bloqué sur les graphismes, passez outre et n’hésitez pas à ouvrir cette petite boîte en bois ou en carton, on ne sait plus.

C’est avec plaisir que j’accorde à Deal, notre prestigieux prix que tous les petits jeux s’arrachent, le prix de la pause café.

Merci à Quilicus pour sa correction.

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