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mardi, 12 janvier 2016 00:00

[Critique] Super Farmer

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Être fermier n’est pas toujours de tout repos. Il faut s’occuper des bêtes, des lapins qui se reproduisent à vitesse grand V, mais aussi prévenir des menaces comme le loup et le renard qui rodent autour de votre ferme. Mais touts ceci vous le savez déjà puisque vous avez décidé de devenir un super farmer, et si vous ne le savez pas encore vous n’allez pas tarder à tout savoir.

C’est avant tout une histoire

 

En plus d’être un jeu, Super Farmer possède une histoire. Celle de Karol Borsuk mathématicien de métier, qui en 1943 alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage, décide d’inventer Élevage d’animaux, un jeu de société, afin de subvenir aux besoins de sa famille en cette période trouble. C’est ainsi que les premiers exemplaires du jeu furent vendus, alors fabriqués à la main. Devenant rapidement un grand succès, qui permit à la famille de survivre et aux joueurs de passer quelques moments joyeux sous l’occupation. Un seul exemplaire du jeu original a pu être conservé de nos jours, celui-ci est d’ailleurs revenu dans les mains de la famille à qui l’on doit cette création. C’est aujourd’hui une version revue graphiquement dont je vais vous parler, mais qui a aussi subi une mise à niveau de ses règles par Michal Stajszczak.

 

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Un soupçon de règles

 

Dans Super Farmer vous allez gérer votre élevage d’animaux, qui va comporter des lapins, des moutons, des cochons, des vaches et des chevaux. Votre but : obtenir au moins un exemplaire de chaque animal dans votre ferme. Pour cela vous allez lancer les dés en début de tour et récupérer un nouvel animal pour chaque paire que vous avez ainsi formée à l’aide des dés et des jetons présents dans votre ferme (les animaux). Puis par un procédé d’échange à tarif variable, vous allez pouvoir échanger les animaux manquants avec un autre joueur ou la « banque ». Mais pour corser la chose les lapins qui sont les plus simples à obtenir, ne pourront s’échanger que contre des moutons au pro rata de 6 pour 1, tandis qu’il vous faudra 2 moutons pour obtenir 1 cochon, etc. Mais prenez garde, car le loup et le renard guettent vos animaux, et pourraient faire des ravages s’ils sortaient aux dés. J’ai bien entendu résumé les règles, mais tout le principe du jeu repose sur ces mécaniques que je viens de vous présenter.

 

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Les visuels maintenant

 

Il n’est pas compliqué de reconnaitre le style Granna rien qu’en voyant la boite. Cet éditeur possède un style graphique bien à lui qui avait déjà marqué de son empreinte le jeu CV. Un style burlesque qui sied aux jeux de société et qui ici s’approche quelque peu de celui de Wallace et Gromit, enfin je trouve. Les tuiles sont épaisses et lisses, les 2 dés de tailles importantes, à ceci s’ajoutent de jolies petites figurines de chiens, sans oublier les 4 plateaux de jeu. Un jeu assez imposant, avec un matériel conséquent, mais de qualité. Une édition en bonne et due forme qui rend hommage au jeu.

 

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Je comprends mieux la réputation des lapins

 

Tout se joue sur la rareté des animaux et sur la pyramide de rendement, les échanges devenant de plus en plus chers. C’est ainsi qu’au cours des parties, vous vous retrouverez très vite avec un nombre conséquent de lapins, ne sachant plus quoi en faire, et des choix cornéliens à faire. Ce qui m’a très vite fait pensé à ce conte chinois où un riche roi récompense un homme en lui offrant du riz, dont il double la quantité chaque jour selon à sa demande. Mais très vite la quantité devient astronomique, et le roi de comprendre que la moindre requête insignifiante peut devenir impossible à honorer. Mais je m’égare. Super Farmer repose donc sur un principe simple et est très facile à mettre en œuvre et à comprendre. Cependant, il serait malhonnête de ne pas dire que le jeu a vieilli et que la mécanique principale pourra sembler un peu dépassée, du moins auprès des joueurs aguerris. Il  faut dire que le hasard des dés y est pour beaucoup dans ce ressenti, car les fermiers seront alors toujours assujettis à ces caprices, donnant parfois au jeu quelques longueurs. Si le principe de base est amusant et bien illustré mathématiquement, ce petit souci fera que Super Farmer conviendra mieux aux enfants et joueurs novices qu’à ceux qui aiment tout contrôler, mais qu'à cela ne tienne, car au fond ce jeu ne leur est pas forcément destiné. C’est donc ici que l’on s’aperçoit que la notion de public visé, et que le marché du jeu de société à bien évolué en quelques décennies. Et c’est à mes yeux dans son rôle de jeu historique et pour observer l’évolution que Super Farmer fonctionne le mieux pour un joueur chevronné. Mais les nouveaux venus trouveront aussi leur compte, et il leur sera impossible de résister aux très mignonnes figurines. Surtout que le jeu plait aux enfants et possède des règles simples qui en feront un jeu très accessible. Idéal pour changer les habitudes de mamie Jacqueline qui n’a toujours pas compris en 20 ans que vous n’aimiez pas les petits chevaux et qu’il existe d’autres jeux provenant de sa jeunesse, et qui sont bien meilleurs qui plus est.

 

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Une pierre sur l’édifice de l’histoire

 

Pour ma part c’est le côté historique du jeu qui m’a intéressé avant toute chose (j’en avais brièvement parlé dans mon dossier sur les jeux agricoles dans le magazine JDS), et à ce titre il est riche en apprentissages et permet de mieux comprendre un milieu que j’apprécie. Mais en terme de jeu pur, celui-ci possède quelques longueurs qui font qu’aujourd’hui il pourra aisément souffrir de la comparaison, et cela malgré la révision de ses règles. Et c’est normal, le jeu a plus de 60 ans. Pour autant les enfants ont aimé y jouer, ce n’est pas un mauvais jeu, loin de là, il faut juste le présenter au public adéquat. Et à ce moment-là, la magie reviendra et il continuera d’amuser comme il a su le faire il y a tant d’années alors que la guerre faisait rage. Je pense que Karol Borsuk serait heureux d’apprendre que son jeu continue de divertir après autant d’années et que son jeu lui a survécu.

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