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mercredi, 04 octobre 2017 00:00

[Critique] Bunny Kingdom

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Il aura su se faire attendre celui-ci, mais voilà il est enfin là ! Ce jeu où les lapins sont rois et se chamaillent pour créer le plus grand royaume possible, et surtout le plus productif. La carotte est reine, et seul le seigneur le plus hardi sera couronné, dans un pays où la colonisation est féroce, mais toujours mignonne.

 

Mon royaume pour une carotte

C’est un seul et unique territoire que vous allez devoir vous partager entre joueurs, chacun représentant une couleur. Votre but : obtenir le plus gros score à la fin des 4 manches. En sachant qu’à fin de chaque manche un décompte des points sera fait, où le nombre de ressources différentes sur un fief (un territoire d’une ou plusieurs cases connectées) sera multiplié par le nombre de tours à vos cités. Une fois le plateau mis en place avec les cités au bon endroit, la partie peut débuter. Chaque joueur va alors recevoir 10 cartes à 2 et 4 joueurs ou 12 à 3 joueurs. Chacun va alors choisir 2 cartes de sa main qu’il pose face cachée devant lui avant de passer les cartes restantes à son voisin. Puis l’on révèle les cartes (sauf les parchemins qui ne le seront qu’en fin de partie) et applique les actions offertes par ces dernières. C’est ainsi que l’on viendra poser des lapins sur les territoires désignés par un chiffre et une lettre, construire des cités des exploitations ou des relais, ou encore poser des campements. Et l’on continue ainsi en draftant ses cartes jusqu’à épuisement de sa main, déclenchant le décompte des points. Ainsi sur 4 manches. Des règles spéciales sont proposées pour des parties à 2 joueurs, où les joueurs disposeront en plus d’une réserve où piocher des cartes, avant de poser 1 carte et d’en défausser une seconde. Je vous ai mis un condensé, car les règles complètes sont disponibles ici.

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Un royaume en carton

Il est bien joli, Bunny Kingdom posé et étalé sur votre table. Des petites figurines mignonnes, des châteaux aux tours élancées, des couleurs chatoyantes, des cartes joliment illustrées, du matériel en grande quantité, bref ça en jette. Pourtant lorsqu’on se penche d’un peu plus près on peut apercevoir plusieurs erreurs d’édition. La boite est assez sombre, les cartes pas très épaisses, les figurines proposent du rouge et du rose là ou une autre couleur aurait pu être plus judicieuse, et la boite sans thermoformage plastique a tendance à se balader avec ses cales en carton. Vous me direz ce n’est pas grand-chose, c’est du chipotage. Oui effectivement, mais ça devient plus gênant lorsqu’on se penche sur le plateau. Pas de compte-tours, les cases pour les scores sont trop petites pour accueillir plusieurs lapins, les chiffres et lettres ne sont écrits que d’un côté et surtout les cases du plateau sont très vite débordées lorsque l’on pose plusieurs éléments côte à côte, rendant leur manipulation un peu délicate. Bref, l’expérience de jeu n’est pas vraiment optimale. Pourtant, le thème est sympa et les figurines renforcent ce côté mignon, mais plusieurs petits défauts viennent perturber l’ensemble. Une jolie édition qui aurait gagné à être mieux optimisée.

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Chez les p’tits malins

Une fois les règles de pose bien acquises le jeu devient limpide. On drafte, on choisit ses cartes, puis on résout celles-ci, rien de très compliqué là-dedans. On fera alors au mieux pour se poser sur le terrain afin d’agrandir ses fiefs tout en prenant garde à ne pas donner à ses adversaires des cartes qui pourront les avantager. Et si la chance est avec vous, vous pourrez empocher de jolis parchemins assez puissants. Car oui il faut bien le dire, la chance est un facteur assez important dans Bunny Kingdom dans la mesure où vous ne pouvez choisir où vous installer. Vous passerez parfois toute une partie à attendre une carte terrain pour vous étendre efficacement, et cela, même si la quasi-totalité des cartes seront jouées au cours de la partie. Ce qui retire au passage de la stratégie au détriment de l’adaptation obligatoire à chaque tirage. Adepte du contrôle total passez votre chemin. Certes le draft compensera un peu tout ceci, mais gagner de grosses cités relèvera plus du hasard que de la récompense pour avoir bien joué, ce qui agacera surement certains joueurs qui se sentiront délaissés par le jeu. Pourtant, ça reste assez fluide et intéressant, mais on n’a pas vraiment l’impression de prendre des décisions, mais plus de subir par moment, même si différents choix assez cornéliens viendront corser la partie, surtout en début de manche. Les différents décomptes permettront de se relever en cas de souci, mais bien souvent bien débuter votre partie vous octroiera de grandes chances de réussite. Cette opinion assez tranchée concerne essentiellement les parties à 3 et 4 joueurs, car à 2 le jeu devient bien différent. En obligeant le joueur à défausser une carte à chaque tour, le jeu devient bien plus stratégique, qui plus est vous aurez plus de place pour vous étendre. Vous serez alors plus embêté par le fait que vos cités ne doivent pas se rejoindre pour bénéficier d’un maximum de ressources qu’autre chose. Par contre au niveau parchemin, c’est véritablement la fête ! Pour ma part c’est ma configuration préférée, et celle qui offre le plus de choix et de tactique, tout en étant assez équilibré.

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D’ailleurs si je vous parle de récolte de parchemins assez festifs ce n’est pas pour rien. Le décompte des points finaux est par contre assez laborieux à 3 et 4 joueurs. Il faudra prendre garde à ne pas s’embrouiller ou à ne pas faire tomber les petits lapins au cours de la partie, sous peine d’avoir fait une partie dans le vide. D’ailleurs au fil du jeu il sera assez compliqué de savoir où l’on en est au niveau des parchemins, et la fin de partie pourra parfois totalement inverser les scores. Laissant parfois le joueur assez pantois.

Le thème assez original et plaisant à jouer ressort assez bien du jeu avec ses petites figurines toutes mignonnes. Il n’apporte pas de véritable plus au jeu, si ce n’est par le biais des illustrations des cartes qui sont véritablement magnifiques, du travail d’orfèvre ! En ce qui concerne la durée de vie, le jeu est assez différent à 3 et 4 joueurs par rapport à la configuration 2 joueurs, pour offrir des parties intenses et uniques. Il faudra juste accrocher au jeu pour revenir sans mal dessus. Par contre malgré son thème tout choupi, il ne sera pas forcément à mettre entre les mains des enfants. Les 12 ans indiqués sur la boite me semblent être parfaitement juste pour s’y adonner avec réflexion et plaisir.

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Un royaume certes, mais pas un empire

J’aurai voulu aimer Bunny Kingdom, vraiment, il faut dire que je l’attendais de pied ferme depuis longtemps. Mais ses petits soucis d’édition couplés à un système de score assez violent à décompter font que l’expérience de jeu n’est pas optimale, et cela malgré le fait que le jeu propose une mécanique classique, mais intéressante. Il faut dire que le hasard, surtout à 3 et 4 joueurs, vient aussi mettre son grain de sel, pas toujours en bien, mettant alors en avant une configuration à 2 joueurs bien plus intéressante. Ce n’est pas un mauvais jeu, pas du tout, mais il possède quelques défauts que je ne peux passer sous silence (ça ne serait pas honnête), du coup je ne vous le recommanderais pas les yeux fermés, mais vous conseillerais plutôt d’y jouer avant de vous le procurer.

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