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lundi, 16 octobre 2017 00:00

[Critique] Paper Tales

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Dans un temps reculé, oublié de tous, les légendes et les créatures mythiques se côtoyaient dans un monde en proie à la guerre. Il est temps de rouvrir ce livre de légendes afin qu’elles deviennent de nouveau vivantes et fassent de vous le roi suprême de votre royaume. Employer à bon escient les créatures seront à votre service, tandis que vous ferez tout votre possible pour remporter la guerre sur les autres prétendants au titre. Prêt à entrer dans la légende ?

 

Un récit de papier

Une partie de Paper Tales se déroule en 4 manches, chacune découpée en diverses phases. Le but étant d’obtenir en fin de partie le plus de points de légende. Pour se faire les joueurs vont avoir 5 cartes en main en début de leur tour, de laquelle ils vont conserver 1 carte, avant de passer le reste des cartes à leur voisin. Et ainsi de suite jusqu’à épuisement des mains, cette phase est nommée Le recrutement. Vient ensuite Le déploiement où les joueurs peuvent réorganiser leurs cartes et en poser de nouvelles, sachant que chaque joueur ne dispose que de 4 emplacements, deux devant et deux derrière, et qu’il devra payer ses nouvelles unités. Les joueurs révèlent ensuite leurs cartes. Vient alors la phase de Guerres, où la force de chaque carte sur le devant vont s’additionner (en plus des pouvoirs s’il y en a) pour se confronter aux joueurs de chaque côté et ainsi gagner des points. Ensuite on procède au revenu où chaque joueur récupère 2 pièces plus celles offertes par les bonus. Puis chaque joueur peut construire l’une de ses cartes bâtiments en suivant les règles d’achat. Il est possible de construire un bâtiment de niveau 1 ou directement de niveau 2 en payant le coût nécessaire. Tout en sachant que la construction de nouvelles cartes coutera 2 pièces de plus par bâtiments déjà construits. Vient enfin la dernière phase, l’Age dans laquelle chaque unité présente devant les joueurs va récupérer un jeton Age, ceux qui en avaient déjà sont alors retirés du jeu (les cartes). Le jeu se poursuit ainsi jusqu’au quatrième tour. Je vous ai résumé les règles, car le jeu propose quelques subtilités, mais vous avez déjà une bonne idée du gameplay général, car l’ensemble des interactions se fera avec les textes sur les cartes.

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Paper certes, mais aussi carton

La boite n’est pas remplie à ras bord, vous trouverez à l’intérieur des cartes, des jetons, des pions en bois et un plateau qui confère à la boite sa taille. Graphiquement c’est original, et ça fait du bien de voir un jeu sortir des canons habituels, comme si les illustrations avaient été réalisées avec du papier et du carton, ce qui sied parfaitement au thème du jeu. Pour ceux qui connaissent le jeu vidéo, ça m’a pas mal fait penser à Reus. Les icônes sont nombreuses, mais bien lisibles, et l’ensemble se lit facilement. Je n’ai pas repéré de réels défauts sur l’édition du jeu, et le travail effectué dessus est de très bonne qualité sur tous les points, même si c’est un peu dommage que la boite soit aussi grande.

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Papier, ciseau

La première partie ne sera pas forcément la plus simple, car l’interaction et les combos entre les cartes demandent à être bien maitrisés pour être exploités à fond. Le système de draft fait ici des merveilles, car on est sans cesse tiraillé entre le fait de garder une carte pour son pouvoir ou en prendre une autre pour ne pas que les autres joueurs en bénéficient. On échappe ainsi à un hasard qui aurait été très punitif et injuste. L’équilibre entre ressources et construction est bien respecté et récolter des pièces ne sera pas toujours aisé, mais ne s’avèrera pas impossible non plus. Même si l’on pourra être frustré de n’avoir que 4 tours de jeu, et donc peu d’opportunité de construire comme on le voudrait vraiment. Mais c’est ce style de jeu qui veut ça, entre choix cornélien et frustration, pour des parties tendues, mais rapides. Le jeu tournant très bien, cet aspect une fois compris et maitrisé, ne posera pas de souci. À moins d’être totalement réfractaire à ce principe dans ce cas le jeu vous rebutera à n’en point douter. Certains combos sont assez puissants, il faudra donc sans cesse surveiller les autres joueurs et leur action, même si malheureusement il ne sera pas possible d’interagir directement sur leurs cartes. Seule la phase de Guerres introduira un peu d’interaction, mais ça reste très léger, ne laissez donc aucun joueur se détacher du lot sous peine de perdre irrémédiablement la partie. De même que le système d’Age ajoutera de la tension et permettra d’affiner son jeu. La configuration à 2 joueurs ne sera pas la plus intéressante, car un peu lourde à jouer, préférez-lui celle à 3 et 4 joueurs bien plus fluide et tendue. Au niveau du public, la boite nous indique qu’il faudra avoir soufflé sa douzième bougie pour y jouer, je n’irais pas vraiment à contre-courant, car le jeu propose tout de même quelques subtilités que les plus jeunes auront du mal à saisir. De même qu’un public peu introduit à la culture ludique pourra avoir du mal avec le jeu, perdu entre tous ces pouvoirs des cartes, et les différentes phases. Surtout que le thème bien appuyé par les illustrations reste assez anecdotique en matière de mécaniques, il ne viendra pas ajouter de couche de gameplay supplémentaire, mais cela ne constitue pas un défaut pour autant, car cela est à ramener au goût de chacun.

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Si vous êtes un mordu de 7 Wonders, ou même si vous y avez simplement joué auparavant, il ne vous aura pas échappé que Paper Tales dispose de quelques similarités avec le jeu d’Antoine Bauza. La phase de guerres avec les joueurs de chaque côté, la construction de bâtiments, le draft, bref il y a quelques ressemblances. Pourtant l’ajout du système d’âge qui fait vieillir vos cartes et donc renouvèle votre jeu, ainsi que le scoring différent permettent à Paper Tales d’offrir une expérience différente de 7 Wonders, bien que celle-ci s’en soit surement inspiré. C’est moins lourd à mettre en place et les différences sont assez nombreuses pour que les deux jeux ne fassent pas doublons.

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Vos papiers s’il vous plait

Paper Tales est un très bon jeu, surtout si vous aimez drafter et construire petit à petit votre empire. Les parties sont assez courtes, mais intenses et offrent pas mal de possibilités, même si le nombre assez réduit de cartes risque de brider un peu la durée de vie, surtout que les interactions sont peu nombreuses. Les mécaniques sont bien maitrisées et bien huilées, et le jeu tourne très bien. Je n’ai pas forcément eu le coup de cœur comme d’autres personnes ont pu l’avoir, pourtant je ne mettrais pas en doute ses qualités ludiques indéniables. À mes yeux il représente bien l’idée d’héritage et d’amélioration sur des bases solides dont jouissent les jeux de société actuels, partant de gros succès ludiques qu’ils modèlent pour amplifier l’expérience et proposer quelque chose de différent et parfois de plus raffiné. Un très bon jeu que je ne saurais que vous conseillez, du moins en test, pour découvrir son univers et peut-être revenir charmer du pays des légendes.

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